La Dre Amber Mosewich est professeure agrégée à la Faculté de kinésiologie, du sport et des loisirs de l'Université de l'Alberta. Ses recherches portent sur le soutien et le développement psychologiques des athlètes et d'autres acteurs du milieu sportif, en mettant l'accent sur le stress, les stratégies d'adaptation, la régulation des émotions et l'autocompassion. Ses travaux visent à renforcer les soutiens intrapersonnels, interpersonnels et contextuels qui façonnent le bien-être et la performance dans le sport.

Dans le cadre de ces recherches, la Dre Mosewich explore comment des relations bienveillantes et réceptives — que ce soit entre entraîneurs et athlètes, entre pairs ou avec le personnel de soutien — peuvent favoriser la résilience, le bien-être et le développement personnel. Cette orientation relationnelle s'étend naturellement au domaine du mentorat, où elle s'intéresse à la façon dont les processus de mentorat peuvent améliorer la conscience de soi, le bien-être et le fonctionnement adaptatif, tant dans le sport que dans des contextes de performance plus larges. En tant que codirectrice scientifique du Centre canadien de recherche sur le mentorat, elle s'engage à faire progresser des approches fondées sur des données probantes et centrées sur la personne, qui donnent aux individus et aux communautés les moyens de s'épanouir.


Comment le mentorat a-t-il influencé votre vie ?

Le mentorat a façonné chaque étape de ma vie personnelle et professionnelle. Très tôt, j'ai eu des entraîneurs et des enseignants qui ont vu mon potentiel — ils m'ont encouragé à poursuivre mes objectifs, tout en se souciant profondément de la personne que je devenais en chemin. J'ai eu la chance d'avoir ces mentors qui m'ont poussée à grandir — non seulement en tant qu'athlète ou étudiante, mais en tant qu'individu. Ces relations ont renforcé ma confiance en moi et m'ont aidée à percevoir les défis comme des occasions d'apprendre et de développer ma résilience. Tant dans le sport de développement que dans celui de haute performance, j'ai pu constater par moi-même comment la confiance qu'un mentor vous porte peut transformer la perception que vous avez de vous-même et de vos capacités.

Au cours de ma carrière universitaire, j'ai été tout autant influencée par des mentors qui ont incarné la curiosité, l'intégrité et la collaboration — ils avaient un réel engagement envers le soutien d'autrui. Des superviseurs, des collègues chevronnés et des pairs ont tous joué un rôle à différents moments, offrant conseils, perspectives et, souvent, amitié. L'un des aspects les plus gratifiants de ma carrière actuelle est de voir ces relations de mentorat évoluer vers des partenariats collégiaux. Lorsque les mentors deviennent aussi des collaborateurs, la relation devient réciproque, créative et expansive. Nous pouvons véritablement accomplir davantage ensemble.

Le mentorat n'a jamais été pour moi un processus à sens unique — c'est un échange dynamique qui bâtit la confiance, crée des liens et renforce la communauté. C'est ce qui le rend si puissant et c'est pourquoi je suis passionnée par l'avancement de la recherche et de la pratique du mentorat par l'entremise du Centre canadien de recherche sur le mentorat.


Quels sont les liens entre vos recherches et le mentorat ?

Une grande partie de mes recherches porte sur la manière dont les gens peuvent être soutenus psychologiquement — comment ils gèrent le stress, régulent leurs émotions et développent les compétences et la confiance nécessaires pour performer et s’épanouir dans des environnements exigeants. À la base, ce travail concerne les relations et les conditions qui permettent aux individus de grandir. Le mentorat partage ce même fondement.

Que ce soit dans le sport ou dans un autre contexte, la qualité de la relation est primordiale : la confiance, la bienveillance et la réactivité sont ce qui rend la croissance possible. Dans mes recherches sur l’autocompassion et les stratégies d'adaptation, mes collègues et moi avons observé comment des environnements de soutien aident les athlètes à réagir aux revers avec compréhension et évaluation constructive, plutôt qu'avec une autocritique sévère. Les relations de mentorat peuvent créer ce même type d’espace sécurisant et valorisant où l’apprentissage et l’autoréflexion s’épanouissent.

Je vois également des parallèles étroits dans la manière dont le mentorat et mes recherches valorisent la réciprocité et le développement mutuel. Tout comme les mentors guident leurs mentorés tout en apprenant d’eux, mon travail met l’accent sur la collaboration et la co-construction des connaissances. Ces processus aident les gens non seulement à acquérir des compétences, mais aussi à développer un sentiment d'identité et d'appartenance plus fort — des résultats qui sont tout aussi importants dans le mentorat que dans les contextes de sport et de performance.


Pourquoi avez-vous choisi de vous joindre au CCRM ?

J'ai été attirée par le CCRM en raison de son esprit de collaboration et de son engagement à lier la recherche aux personnes qui l'utiliseront — maximisant ainsi l'impact concret. Une grande partie de mon travail a porté sur le soutien aux personnes — athlètes, entraîneurs et autres performeurs — par le biais de relations et d'environnements qui favorisent la croissance. Bien que mes recherches ne soient pas toujours étiquetées comme du mentorat, plusieurs des principes qui en sont au cœur reflètent le mentorat en action : l'orientation, le soutien et l'apprentissage partagé. Dans le sport, une grande partie de ce que nous nous efforçons de faire implique ces mêmes processus relationnels, que nous les qualifiions de mentorat ou non.

Le CCRM rassemble des chercheurs, des praticiens et des partenaires communautaires qui partagent cette vision du soutien et du développement. Ce qui m'enthousiasme le plus, c'est l'occasion de faire partie d'un réseau où les idées circulent dans les deux sens — de la recherche vers la pratique, et de la pratique vers la recherche. Les questions les plus importantes proviennent souvent de ceux qui vivent les réalités que nous étudions, et je valorise la chance d'écouter, d'apprendre et de travailler à leurs côtés. Faire partie du CCRM me permet de contribuer à ce dialogue, de bâtir de nouvelles collaborations et d'aider à renforcer le paysage du mentorat au Canada.


Qu'est-ce qui vous enthousiasme dans votre rôle de directrice scientifique du CCRM ?

Ce qui m'enthousiasme le plus dans ce rôle, c'est l'occasion de contribuer à façonner et à élever la conversation sur le mentorat au Canada — de rassembler des voix, des disciplines et des expériences vécues diversifiées pour renforcer notre compréhension et notre soutien des relations de mentorat. Je suis particulièrement inspirée par la possibilité de créer des ponts significatifs entre la recherche et la pratique, en veillant à ce que nos travaux non seulement fassent progresser les connaissances, mais atteignent également les personnes et les communautés qui peuvent s'en servir.

J'aime aussi l'aspect collaboratif de ce poste. Travailler aux côtés de collègues passionnés par le développement relationnel, l'apprentissage et le bien-être ouvre des possibilités infinies de créativité et d'impact. Le mentorat est intrinsèquement lié à la connexion et à la croissance, et ce rôle offre une plateforme pour incarner ces valeurs — pour favoriser les partenariats, promouvoir des approches inclusives et éclairées par des données probantes, et créer des espaces où le mentorat peut véritablement faire une différence.